Saint-Piat et ses Dolmens et son Camp de César

 

 

Les fouilles récentes ont repris en 1983 avec l'exploration méthodique du site.

Une meilleure connaissance de notre passé, à travers les traces que nous ont laissées nos prédécesseurs, implique une conservation de ces vestiges…

Source  - Extrait de l'ouvrage Dolmens et menhirs de Changé à Saint-Piat (28) D. Jagu B. Blum J.M. Mourain  1991

- Extrait de l'ouvrage Le site mégalithique de Changé Dominique Jagu  1998

- images des ouvrages ci dessus et de l’association

Le camp de César - présentation à la journée des 25 ans du CAEL (16 novembre 2014)

 

A voir la vidéo sur la redécouverte du camp de César (sur You Tube).

https://youtu.be/5hX12U1gsSU

 

 

VALORISATION du PATRIMOINE Saint-Piat – Mévoisins

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Présentation et Historique

 

En limite des communes de Maintenon et Saint-Piat, les monuments mégalithiques qui composent le site archéologique sont connus depuis de nombreux siècles.

Le dolmen de la Grenouille situé au bord la route, à l'entrée du hameau de Changé, le menhir du But de Gargantua au centre de la prairie, les dolmens Petit et du Berceau font partie du paysage et du patrimoine local. C'est probablement un des rares sites préhistoriques du département regroupant autant de mégalithes dans un secteur aussi restreint.

Des fouilles entreprises entre 1924 et 1927 par Léon Petit, agriculteur à Maintenon, démontrent l'existence d'un nouveau dolmen et de structures archéologiques encore indemnes enfouies dans le sol.

C'est le début d'une exemplaire recherche archéologique.

Les fouilles récentes ont repris en 1983 avec l'exploration méthodique du site.

 

 

 

L'époque Néolithique

 

 

Vue générale du site. 1998

A gauche l'Eure. Le massif boisé du Camp de César.

 

 

Le mot funéraire induit une double fonction: pour les morts bien entendu, mais aussi pour les vivants. C'est la principale conclusion de nos recherches.

Entre 3500 et 4000 ans av. Jésus-Christ, cette partie de vallée a été occupée par les hommes de l'époque néolithique pour en faire un important site funéraire. (Plusieurs datations par le Carbone 14 ou par Tandétron (Analyses du Laboratoire de Gif sur- Yvette) sur des charbons de bois ou des os nous donnent une période centrée entre 4350 et 2600 ans av. Jésus-Christ.)

 

 

 

 Depuis 1983, des campagnes de fouilles ininterrompues ont permis de comprendre ce qui s'est probablement passé dans cette portion de vallée.

 

Pour cela nous avons dû faire appel à de nombreux témoignages enfouis dans le sol. Encore fallait-il les comprendre et les intégrer dans une vision générale des pratiques funéraires ou religieuses de ces populations encore peu connues.

 

La construction des dolmens

 

 

L'origine des matériaux de construction est révélatrice de ce choix délibéré: si les piliers verticaux en grès devaient se trouver à l'époque en fond de vallée, les dalles de couverture, elles aussi en grès (celle du dolmen du Berceau pèse près de 30 tonnes !), devaient affleurer en banc à des distances situées à 4 km du site.

 

Dolmen du Berceau

 

Le dolmen Petit

 

C'est donc volontairement qu'ils ont transporté ces blocs à Changé pour construire leurs monuments. Pourtant l'inverse aurait été plus facile. En l'état actuel de nos connaissances, les dolmens du Berceau et Petit diffèrent dans la finition de leur construction: le dolmen Petit était recouvert à l'extérieur et sur le dessus d'un appareillage composé de gros blocs de calcaire qui ferment les espaces entre les orthostates (les piliers). Ils le rendent plus étanche et, pourquoi pas, plus esthétique.

 

Mais surtout le dolmen du Berceau est caractérisé par la présence de superbes gravures de style armoricain obtenues par piquetage sur les deux piliers du fond. Leur signification nous échappe mais il est de tradition d'y reconnaître des haches, des "idoles", Ces gravures ont permis au dolmen d'être classé Monument Historique en 1975.

 

 

 

 

 

Gravures sur un des piliers

du dolmen du Berceau.

 

Leurs utilisations différentes

 

Une douzaine de squelettes ont été mis au jour lors des fouilles de Léon Petit en 1924 dans le dolmen qui porte aujourd'hui son nom. Sa vocation sépulcrale est donc bien attestée. A la base du cou d'un des squelettes, le rapport de fouilles de l'époque signale la présence d'un collier de vingt-trois canines perforées de renards, visible aujourd'hui au Muséum d'Histoire Naturelle et de Préhistoire de Chartres. Ont été aussi découverts des crânes et ossements de chiens.

 

D'autres squelettes ont été observés à l'extérieur de ce dolmen et ils sont vraisemblablement d'époque mérovingienne. Malgré nos recherches minutieuses, aucun fragment osseux n'a été découvert dans le dolmen du Berceau. II est probable, ce qui va bien avec la présence des gravures énigmatiques, qu'il avait un rôle plutôt cultuel ou cérémoniel. Sa destinée différente confirmera cette observation.

 

Nous pouvons imaginer un système funéraire composé de deux dolmens: l'un (le Berceau) servant de lieu de culte pour les vivants au moment de cérémonies d'inhumations, l'autre (le Petit) servant de tombeau collectif pour les morts.

 

 

 

 

La durée d'utilisation de cet espace de mémoire nous est pour l'instant inconnue. Là encore et toujours pour des raisons qui nous échappent, les utilisateurs de ce "monument aux morts" décident de le fermer: c'est la condamnation définitive.

 

Les autres occupations reconnues sur le site                                                     

 

Ces lieux, après la période néolithique, ne pouvaient laisser indifférents les habitants qui se sont succédés dans cette portion de la vallée de l'Eure.

Les enclos protohistoriques

 

Au nord du But de Gargantua, des photos aériennes ont révélé de très nombreuses marques enfouies dans le sol, représentant le plus souvent des fossés, témoins de plans parcellaires anciens, et des enclos circulaires ou carrés. Ces derniers sont interprétés comme des fanums gaulois, sortes de petites chapelles en bois.

 

 

But de Gargantua

 

La fosse gauloise

 

Nous avons retrouvé la trace d'une occupation gallo-romaine dans la fouille d'une fosse dépotoir située à proximité de l'entrée du dolmen du Berceau. Il a été trouvé plusieurs centaines de fragments de poteries de cette époque, ainsi que plusieurs dizaines d'ossements d'animaux de boucherie (porcs, moutons, chèvres, bovins, chevaux), témoins de restes d'alimentation. Deux pièces de monnaies permettent de dater cette fosse, utilisée dans la deuxième moitié du I er siècle avant Jésus-Christ.

 

 

Sépulture mérovingienne

 

Le fossé ossuaire

A l'ouest du tumulus, au Moyen-âge, les hommes de cette époque ont creusé le sol naturel pour y exploiter le sable et le ballast peu profond. Cette carrière aura secondairement servie d'ossuaire pour y réinhumer des squelettes datés du Haut-Empire gallo-romain, mis au jour par ces travaux de terrassement.

 

La nécropole mérovingienne

 

Le vaste tumulus qui émergeait au centre de la vallée a été réutilisé aux V ème et VIème siècles après Jésus-Christ par les Mérovingiens pour en faire une vaste nécropole.

Nous avons mis au jour près d'une centaine de sépultures, qui ont fait l'objet d'une étude approfondie dans le cadre d'une Maîtrise en Anthropologie (Laure Pecqueur, Université de Paris I).

Ses principales conclusions mettent en évidence à la fois la façon dont les

Mérovingiens "traitaient" leurs défunts, et la représentation de cette population inhumée, reflet ou non de celle des vivants.

 

 

Saint-Piat et son Camp de César

 

Le camp de césar

 

Sur le plateau, immédiatement à l'ouest des mégalithes, se situe l'oppidum dit du Camp de César. C'est la modification artificielle d'un éperon naturel formé de la confluence de deux vallées, en l'occurrence la vallée de l'Eure et un ravin débouchant au niveau de la ferme de la Folie. L'arrière de cet éperon a été barré par un fossé doublé d'une levée de terre reliant les deux flancs du coteau. Long de 250 mètres environ, le fossé fait 6 mètres de profondeur et le rempart plus de 7 mètres de haut.

L'oppidum proprement dit représente une superficie de 5,5 hectares.

 

Bien conservé au milieu des bois, cet ensemble défensif, en l'absence de toute fouille archéologique sérieuse, semble dater de l'âge des métaux, époque située entre les Gaulois et les Romains.

 

 

Plan de situation des dolmens des menhirs et du Camp de César.

 

 

 

L’oppidum de type éperon barré, dénommé Camp de César s’inscrit dans le périmètre de protection des dolmens bien qu’il ne soit rarement signalé dans la littérature archéologique. Il présente un intérêt de première importance car il semble indemne de toute destruction. Il a fait l’objet de quelques "fouilles" dans les années 1950 par une équipe de l’Ecole Normale de Chartres (non publiées).

Il n'existe de pas d'interruption ou de passage sur le rempart. L'accès se fait aujourd'hui par un chemin latéral à l'Ouest.

La surface totale, comprenant les flancs de coteaux, est de 12 hectares environ.

 

 

Bloc diagramme morpho géologique du site.

 

Le massif boisé du Camp de César en 1998.

 

 

Schéma théorique du site à l’époque néolithique: plage de sable entre 2 bras de rivières sur laquelle les Néolithiques de Changé ont édifié leurs monuments et aménagés les abords.

 

Enfoui dans un bois, dominant la vallée de l'Eure et les mégalithes de Changé d'un coté, une petite vallée sèche de l'autre, l'oppidum forme une aire triangulaire de 5,5 hectares. Les 2 flancs de 320 mètres environ sont reliés par un rempart Est-Ouest de 250 mètres. Ce dernier est en fait constitué de 2 parties bien distinctes: un fossé extérieur et le rempart proprement dit, réalisé avec la terre provenant du fossé.

Il fait aujourd'hui encore près de 6 m. de profondeur. Le rempart, bien conservé, s'élève à plus de 7 m. La pente, coté oppidum, est relativement abrupte.

Le sommet d'abord subhorizontal fait place à une pente douce vers le fond du fossé, comblé en partie par des pierriers.

 

Il n'existe de pas d'interruption ou de passage sur le rempart. L'accès se fait aujourd'hui par un chemin latéral à l'Ouest.

La surface totale, comprenant les flancs de coteaux, est de 12 hectares environ; le plateau proprement dit, formant l’oppidum, représente 5,5 hectares.

 

Le massif boisé formant l’oppidum est composé d’une multitude de petites parcelles, certaines n’ayant pas plus de 2 m. de large. Il y a autant de propriétaires que de parcelles, mais heureusement, et depuis toujours, la Société Archéologique d’Eure et Loir, dans un souci foncier et culturel a acquis des parcelles. C’est ainsi qu'elle possède près de la moitié de la superficie du site.

Cette politique de sauvegarde est à souligner. Enfin rappelons que la zone protégée issue du classement des dolmens recouvre parfaitement la totalité du Camp de César.

 

La Grenouille

Dolmen du Berceau

 

 

Le rempart du Camp de César en 2010

 

 

Schéma Le Camp de César

L’arrière de cet éperon a été barré par un fossé doublé d’une levée de terre reliant les 2 flancs du coteau.

 

 

 

But de Gargantua   Carte postale du début du XXème siècle

 

 

Hameau de Changé

 

Une meilleure connaissance de notre passé, à travers les traces que nous ont laissées nos prédécesseurs, implique une conservation de ces vestiges. Il faut donner aux chercheurs actuels et futurs les moyens de comprendre ce qui s'est passé de 1000 à 3600 ans avant Jésus-Christ sur le site de Changé en bordure de l'Eure et aux alentours.

 

Source  - Extrait de l'ouvrage Dolmens et menhirs de Changé à Saint-Piat (28) D. Jagu B. Blum J.M. Mourain  1991

- Extrait de l'ouvrage Le site mégalithique de Changé Dominique Jagu  1998

- images des ouvrages ci dessus et de l’association

 

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