Saint-Piat et ses Lavoirs

Les bords de l’Eure à Saint-Piat, dans le passé, ont accueilli une activité importante pour les femmes, la lessive, ou au moins le rinçage du linge.

Saint-Piat, et ses hameaux ainsi que les villages voisins, conservent des traces de cette activité, par ces petites constructions que l’on rencontre, les lavoirs.

Plusieurs d’entre eux ont leurs murs et leur toit en bon état, mais ils ne sont plus fonctionnels. Le plancher a disparu la plupart du temps, ou le mécanisme permettant de s’adapter au niveau de l’Eure ne fonctionne plus, même s’il est visible comme à Mévoisins.

Les lavoirs en bord d'étang ou de rivière étaient les plus simples. Parfois ils étaient dotés d’une crémaillère permettant de régler la hauteur du plancher  pour que les planches à laver fixées en biais sur le bord du plancher donnant sur la rivière soient juste au niveau de l’eau.

VALORISATION du PATRIMOINE Saint-Piat – Mévoisins

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Les Lavoirs de Saint-Piat

Ils ont été construits pour les habitants de Chartainvilliers, Soulaires, Mévoisins, Saint-Piat et ses hameaux. Les lavoirs privés des moulins étaient destinés à leurs personnels.

De Dionval  à Changé, d’après des archives, des restes de fondations, des constructions existantes on peut les répertorier :

 

Les lavoirs publics  de Saint-Piat : 1- lavoir de Soulaires -2- lavoir de Dionval -3- lavoir dit « de madame Chartier » -4- lavoir Ducasse -5- lavoir de l’école -6- lavoir de Chimay (Mévoisins) -7- lavoir de Changé

 

-        1-        Le lavoir de Soulaires qui est sur la commune de Saint-Piat face au chemin rural qui monte vers Soulaires. C'est un lavoir d’hiver, il a une source. L'eau est moins froide en hiver. Les lavandières amenaient le linge avec des charrettes à chevaux.

-         Deuxième lavoir pour les habitants de Soulaires à 50 m après. Il reste que des fondations.

-         Le lavoir des Martels, au lieudit « les Oseraies des Martels »  construit 1901 pour les habitants de Chartainvilliers. Démoli en 1978.

Lavoir de Dionval

-         2- Le lavoir de Dionval, près de la passerelle Deberly coté rue Robert Poisson.

-     3-   Lavoir au bord du chemin de randonné derrière la salle des fêtes.

-     4-    Le lavoir au bout de la sente près de la maison de l’ancien charron Ducasse rue de la République. Il en reste que les murs et une moitié appartient à la propriété de l’ancien charron.

-      5-   Le lavoir près de l’école Pierre Binet et du pont.

-      6-   Sur le chemin de randonné entre le jardin d'Illschwang et la vallée de Grogneul, on peut voir en face un grand lavoir qui est sur la rive de Chimay hameau de Mévoisins.

-         Lavoirs de la vallée de Grogneul. Il y avait deux l’un était pour l’hiver avec sa source, l’autre pour l’été le long du ruisseau qui alimente le moulin. Aujourd’hui ils ont disparu.

-    7-     Lavoir de Changé au bout de rue du Lavoir.

 

Un peu d'histoire

Les lavoirs existent depuis le Moyen-âge et consistaient parfois en une simple pierre ou planche posée au bord de la rivière.

Déjà à la fin du XVIIIème siècle un besoin d'hygiène croissant se fait sentir en réaction à la pollution industrielle et aux épidémies. De là datent les premières constructions de lavoirs.

 

Suite à de nombreuses épidémies de choléra, et dans le but d'améliorer l'hygiène,  une loi est votée le 3 Février 1851 afin d'obliger les communes à aménager un lavoir public. Une subvention de 30% de l’investissement est accordée pour leur construction.

 

Ces aménagements sont réalisés sur des sources ou en bordure de rivière, pour profiter du renouvellement continu de l'eau.
Certains confèrent au lavoir l’allure d’un petit temple où s’incarne la part des lavandières elles-mêmes dont la tâche répétitive et souvent épuisante se trouve valorisée, presque sacralisée, par un édifice remarquable.

Lavoir  près du moulin de Saint-Piat

Témoins des grands et petits moments de nos villages, les lavoirs évoquent le souvenir d'une époque révolue et rappellent le dur labeur de nos grands-mères.
Le Lavoir est un lieu éminemment social dans chaque village. C'est l'endroit ou les femmes se retrouvaient une fois par semaine ou plus et ou l'on échangeait toutes les dernières nouvelles du village voir
e de la région.

 

Les lavoirs sont d'abord utilisés pour laver et rincer le linge, puis par la suite, uniquement pour le rincer après l'avoir lavé à domicile.

La lessive est réalisée, pour le petit linge, une fois par semaine, la plupart du temps par la mère de famille. Par contre, les laveuses, employées par les fermes et les familles les plus riches, fréquentent les lavoirs tous les jours.

Une à deux fois par an, au printemps et à l'automne, selon les communes, un rituel a lieu au cours duquel les draps de tous les habitants sont lavés le même jour.

 

Images Lavoirs de France

 

 

Images Lavoirs de France

 

 

 

Lavoir de Soulaires à Saint-Piat.

Lavoir à Dionval

 

Lavoir de Changé

 

Le Lavoir des Martels

 

Le 30 mars 1900, la commune a acquis un terrain de 3,3 ares sur la commune de Saint-Piat, au lieudit « les Oseraies des Martels » (Archives départementales d'Eure-et-Loir 20 623) pour la somme de 155 F. La construction d'un lavoir fut décidé par Mr Bradin, maire, et réalisé par Loisin Achille, maçon à Chartainvilliers pour le montant de 1 663 F la réception définitive eut lieu le 20 mai 1901.

Cependant, parce que le niveau de l'eau était trop bas en juillet 1900, il fut envisagé de construire en aval un barrage. Le propriétaire du pré faisant face au lavoir donne son adhésion avec deux conditions, que son fermier soit consentant et que le jour où disparaîtra le lavoir, le barrage soit supprimé.

N'étant plus fréquenté depuis de longues années, le lavoir tomba en ruines et c'est en 1978, à la demande du maire de Saint-Piat qu'il a été en partie démoli afin d'éviter d'éventuels accidents.

 Bulletin Municipal de Chartainvilliers Avril 1985

 

Lavoir  près du moulin de Saint-Piat

 

Les différents types de lavoirs                

 

1. En fonction de l'alimentation en eau

Les lavoirs du pays chartrain sont situés à différents endroits :

- sur une mare ou un simple trou d'eau

- sur une rivière. Lavoirs d’été avec une eau courante

- sur une source. Lavoirs d’hiver profitant de l’eau à la température constante de 10 degré.

Dans le cas de la mare, l'eau était plus ou moins propre impliquant un lavage plus variable.

Lorsque le lavoir était situé sur le bord d'une rivière, l'eau claire et courante, permettait que le linge en ressorte purifié. L’eau de rinçage ne doit pas être trop froide parce qu’elle fige le savon ou la lessive sur le linge.

 

2. En fonction du type de mécanisme

Les lavoirs se caractérisent par plusieurs types de mécanismes pour régler la planche sur laquelle la laveuse frottait le linge : en effet,  le réglage de la hauteur de la planche est indispensable car le niveau d'une mare ou d'une rivière fluctue. Le plancher doit être au raz de l'eau pour rincer son linge.

 

 

Réglage à l'aide d'un volant

 En tournant les volants on modifie la hauteur du plancher par rapport au niveau d’eau.

 

      Le plancher était parfois flottant, en forme de barque rectangulaire.

 

Pour les lavoirs avec source le réglage s'effectue le plus souvent à l'aide d'un déversoir ou d’un petit vannage qui élimine le trop plein d'eau et permet ainsi d'avoir une hauteur d'eau constante.

 Réglage à l'aide de chaînes

 

Réglage à l'aide d'un volant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les lavandières

 

Une lavandière, mot ancien pour désigner une blanchisseuse, ou une buandière, terme plus rare et plus vieux encore était une femme dont le métier était de laver le linge à la main.  Mais on venait aussi au lavoir pour rincer son propre linge. Quand la machine à laver est arrivée, le local pour laver le linge s'est appelé la buanderie. 

L'image de ces femmes a souvent été embellie. Leur condition sociale et matérielle était dans la plupart des cas difficile : les femmes devaient, tout en lavant, s'occuper de leurs plus jeunes enfants, leurs mains étaient très souvent abîmées pour avoir trempé trop longtemps et trop fréquemment dans l'eau bouillante ou au contraire dans l'eau parfois froide des lavoirs.

 

 

Lavoir de la vallée de Grogneul

Images Lavoirs de France

 

Dans les années 1970, en France, une des dernières lavandières authentiques fut récupérée par le monde médiatico-publicitaire : la Mère Denis, de son vrai nom Jeanne Lecalve, née en 1893.

Chaque village a un ou plusieurs lavoirs couvert près d'une fontaine ou d'une rivière. A Saint-Piat, dans les années 1990, l’une des habitantes, madame Chartier,  venait encore rincer son linge au lavoir.

 

Les préparatifs pour laver

La lavandière commence par faire tremper son linge dans l'eau. La plupart du temps, il subit un premier savonnage. Puis il est entassé dans un cuvier, en commençant par le linge fin. Le tout est recouvert d'une grosse toile nommée cendrier, ou charrier, sur laquelle on étale une couche de cendres. Parfois la lavandière ajoute des rhizomes d'iris qui donneront « bonne goût » au linge. On y verse alors de l'eau bouillante qui fait dissoudre les cristaux de soude et des copeaux de savon et traverse tout le linge. L’eau savonneuse est récupérée par un trou aménagé à la partie inférieure du cuvier. On réchauffe cette eau dans la chaudière et on la fait de nouveau passer sur le linge.

 

 

 

Fabrication d'un savon « comme grand-mère »

Ingrédients : Un demi verre d'eau
                         Un verre de suif de bœuf
                         Deux cuillères à soupe de cristaux de soude
Immerger lentement les cristaux de soude à chauffer.
Faire ramollir le suif.
Mélanger et battre jusqu'à obtenir une crème homogène.
Verser dans un récipient et couvrir d'un carton.
Démouler après une journée puis laisser durcir deux à trois semaines.

 

 

Le rinçage

La lavandière rince ensuite son linge à l'eau courante au lavoir.

Elle se sert de son bac, appelé garre-genoux ou carrosse, pour s'y accroupir, et de son battoir pour battre le linge. Un gros savon et une brosse complètent son outillage pour nettoyer des traces éventuelles.

 

L'essorage, le séchage

Une fois lavé et rincé, il faut essorer le linge, puis le faire sécher. Le métier est pratiqué quelles que soient les conditions météorologiques. Le lavoir, souvent situé loin de l'habitation, nécessite de longs voyages à la brouette, et les petites filles aidaient très tôt leur mère à transporter le linge.

On dit qu'il n’« y a plus qu'à essarder le linge ». Il est alors étendu sur l'herbe dans un champ, fil tendu dans la cour ou dans le grenier.

 

 

 

La vie au lavoir

Le lavoir était le lieu privilégié des rencontres féminines, un peu comme le café pour les hommes. Les nouvelles du village circulaient vite et les langues allaient bon train.

Le lavoir, interdit aux hommes, est un lieu de bavardage et de convivialité. C'est également un lieu de concurrence sociale, où l'on peut juger la qualité de la ménagère d'après la qualité de son linge et la quantité de draps.

 

Une forte compétition existe entre les laveuses professionnelles, les mères de famille et les domestiques. Les professionnelles ont les emplacements les plus propres du lavoir, tandis que les autres sont cantonnées aux zones les plus polluées; les lavoirs étant à l'époque source de pollution des eaux.

 

L'utilisation des lavoirs a été progressivement abandonnée au XXème siècle au profit de la machine à laver, à partir de 1950.

 

Avant 1950, l’ancêtre de la machine à laver se composait d’un baquet métallique ou de bois, d’un mécanisme entrainé par un petit moteur électrique qui brassait le linge avec l’eau chaude et la lessive. C’étaient des appareils lourds et imposants.

 

Désormais dans les lavoirs désertés, il n'y a plus que le bruit de l'eau.

L’entretien des lavoirs ne devient plus une priorité pour les communes, et nombre d'entre eux tombent en ruine. Or ces lieux et ces bâtiments constituent la richesse du patrimoine rural.

 

Sensible à cet état de fait, certaines communes ont su entretenir leur lavoir et d'autres s'engagent désormais dans leur restauration voire leur reconstruction.

 

 

Source

Syndicat Intercommunal du Pays Chartrain

Lavoirs de France

L'association

 

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