Saint-Piat 1940-1944

La Seconde Guerre Mondiale menée par l’Allemagne de 1940 en France n’a pas épargné Saint-Piat.

Ce fut une période trouble. Le secret assurait la sécurité des participants, des zones d’ombre resteront peut être au passé, les témoignages diffèrent souvent avec les versions officielles.

La propagande de la peur et la politique de l’attentat vont assombrir le climat ambiant entre tous les participants de cette guerre.

Des rumeurs circulaient qui entretenaient la crainte et la peur de l’autre.

VALORISATION du PATRIMOINE Saint-Piat – Mévoisins

Mairie de Saint-Piat  Place Marcel Binet   28130 Saint-Piat

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Le 3 Septembre 1939, un enfant de Saint-Piat René Segouin est tué au champ d’honneur.

En Juin 1940 sur les coteaux de Saint-Piat ; de Chartainvilliers à Grogneul les français ont installé des canons défensifs pour arrêter la progression de l’occupation allemande. 

La guerre-éclair  menée par l’armée allemande a été très rapide.

Dès 1940 quelques jours après la mort Lieutenant Dolzy et de nombreux combattants Tirailleurs Sénégalais, les allemands se sont installés dans la commune.

 

Le Lieutenant Dolzy est un jeune lieutenant qui dirigeait la section des Tirailleurs Sénégalais.

 

Le Lieutenant Dolzy est né à Senlis dans l’Oise le 1er Juin 1915 Elève des Sciences Politiques de Paris Licence en droit et préparation du Doctorat Après un stage à St Cyr est nommé Aspirant. Appelé au service et affecté au 24e Bataillon de Chasseurs Alpins au moment de la mobilisation. Le 10 juin 1939 il épouse à Nice France Jannot fille du Général de Division Jannot des Troupes  Coloniales. Il sert d’abord avec le 24e BCA à la frontière des Alpes puis sur le front de Lorraine dans la région de Forbach.

Le 16 Mai 1940 naît son fils Christian.

 

Robert Dolzy (1915-1940)

Sur sa demande suite aux conseils de son beau-père il passe au 12e Régiment de Tirailleurs Sénégalais puis au 26e RTS avec lequel il combat.

La lettre du Capitaine Aulagnier prisonnier en Allemagne transmise le 14-03-1941 par la CRI (Croix Rouge Internationale) de Genève a donné des renseignements pour les derniers jours de Robert Dolzy. Ces renseignements permirent de retrouver l’endroit où il était enterré à Saint-Piat. Il a été tué entre le 16 et le 17 Juin 1940 avec de nombreux Tirailleurs Sénégalais.

Une plaque se trouvait sur sa tombe au carré militaire de Saint-Piat jusqu’en octobre 1965, date à laquelle son corps a été transféré à la Nécropole Militaire de Fleury-les-Aubrais. Sa plaque a été expédiée à sa famille et se trouve maintenant dans la chapelle familiale à Biot dans les Alpes Maritimes.

 

Installation des Allemands

 

A la place de la salle des fêtes actuelle les allemands avaient empierré une partie de cette prairie pour installer un hangar à camions.

Après l’installation des allemands, Saint-Piat a été relativement calme, la vie continuait avec l’occupant. Des maisons étaient réquisitionnées, souvent des maisons secondaires de parisiens à Dionval et d’autres un peu partout jusqu'à Grogneul. L’ancien château a été un lieu stratégique pour les allemands, pour dominer la vallée avec sa rivière et son chemin de fer.

 

 

 

Carré militaire de Robert Dolzy et ses hommes, à  Saint-Piat jusqu’en octobre 1965.

 

 

 

 

 

La voie ferrée Paris Chartres

En février 1944 la gare de Maintenon était entièrement détruite par l’explosion d’un train de munitions, et également le bâtiment voyageurs (vieux de 95 ans) et la laiterie Maggi proche de la gare. Après plusieurs bombardements aériens entre mai et juillet, le viaduc (1ère pierre le 31 août 1845) sur la Voise finissait par être définitivement inutilisable, 22 arches détruites ou endommagées sur 30. En novembre 1944, un ouvrage provisoire permettait le rétablissement de la circulation des trains sur une voie unique. En 1946 le viaduc actuel en béton et en 1947 l’actuel bâtiment des voyageurs étaient mis en service.

 Place Marcel Binet (1899-1944)

 

A Saint-Piat il y avait une gare de marchandises avec un quai de chargement et des  hangars dont un  était construit par Mr Deballon exploitant le moulin de Saint-Piat.

Si l’activité marchandises cessait dès la fin des années 1980, le trafic voyageur se développait pour accompagner l’accroissement du nombre de travailleurs et d’étudiants se déplaçant quotidiennement vers Paris.

C’est en 1944 que des événements viennent troubler le village. Le 17 avril 1944, Marcel Binet est arrêté par les allemands, pour avoir caché et aidé un parachutiste anglais, (version officielle),  il est mort le 2 juillet dans le train pour Dachau est nommé maire à titre posthume le 17 mai 1945.

René Bigot (photo prise en 1940)

 

En mai 1944  Le dépôt de munitions dans une prairie de la Ferme de la Folie a été bombardé à son tour. Des explosions de munitions se sont produites en pleine nuit, les éclats ont touché Saint-Piat : carreaux cassés volets arrachés, début d’incendie près des maisons. Le souffle est allé jusqu'aux premières maisons de Soulaires. Les routes entre Saint-Piat et Maintenon étaient fortement endommagées. Les obus, les munitions partaient dans tous les sens.

 

La paroisse de Saint-Piat. Archive 1948

« Vitraux :

Tous les vitraux, coté nord, avaient été détruits complètement, par les explosions de Maintenon et par les bombes tombées près de Mévoisins en 1944. Les vitraux cotés sud avaient bien moins souffert. Tous ont été remis en place par les soins de la maison Lorin de Charles pendant les premiers jours de mai de cette année. La paroisse a participé aux frais pour la somme de trente trois mille francs (33 000) »

Mme Gabrielle Blondelle et Marcel Binet furent dénoncés pour avoir caché et aidé un pilote anglais. Maurice Roger, René Bigot furent arrêtés pour faits de résistance, ils sont morts en déportation. André Legros a été tué lors de l’explosion de munitions près de Maintenon.

Le 6 juin 1944, avec le débarquement allié sur les plages du Cotentin, l’espoir d’une prochaine libération renaissait parmi la population française.

 

Le viaduc près de Maintenon a été bombardé par l’aviation des alliers pour couper la circulation des occupants allemands, mais ils ont eu quelques difficultés. Le coup fatal a été donné en juillet 1944 par des pilotes anglais d’avions Mosquitos pilotés en piqué qui lâchaient leurs bombes en s’approchant au maximum du viaduc. Mais cela a eu la conséquence que Maingournois a été pratiquement totalement détruit parce que les bombes tombaient auparavant à coté de la cible.

 

Robert Poisson

(1894-1944)

 

A Saint-Piat peu avant le 16 Août 1944 des éclaireurs américains avec 2 véhicules blindés armés venant de Chartainvilliers ont fait le tour de la place Vauvillier, sans que personne ne descende, pour voir la situation rapidement, puis ils sont repartis.  La 7ème  division blindée américaine est arrivée le 17  Août 1944, sans croiser les  allemands.

Robert Poisson ne tarde pas à prendre contact avec la résistance locale et au Mouvement Libération il est promu le 1er août 1944 Caporal des Forces Françaises de l'intérieur.

Rue Robert Poisson

A Saint-Piat les résistants décident de déloger quelques soldats allemands des propriétés en résidence secondaire (dont les propriétaires sont à Paris ou ailleurs)  situées en bord de l’Eure à Dionval coté sud de Saint-Piat.

Le 16 août 1944, des soldats allemands se sont arrêtés  au bord de la rivière entre 2 propriétés au bout d’une sente qui n’existe plus aujourd’hui. Avec des résistants, Robert Poisson fit prisonniers des soldats allemands, arrivés au carrefour des rues Jean Moulin et de celle qui porte maintenant son nom. A 16 heures, il est atteint mortellement par une balle tirée par un soldat posté à une fenêtre d’une propriété de Dionval.

Robert Poisson est né au Havre le 13 novembre 1894. Il participe au premier conflit mondial comme caporal à la 30ème Compagnie du 73ème régiment d'infanterie. Il est grièvement blessé par balles à Dormans le 15 juillet 1918, comme en témoigne son livret militaire qui précise des plaies multiples. Une longue convalescence s'en suit à Yzeure (allier) puis à Nice et à Grasse.

Robert Poisson

(1894-1944)

 

 

 

La ville du Havre

Une fois remis, Robert Poisson épouse Marthe Leplat le 26 juin 1920 à Sainte-Adresse, banlieue résidentielle du Havre. Deux filles naîtront de cette union. En cet été 1940, la famille Poisson voit défiler les soldats allemands qui prennent possession du Havre, point stratégique, renforcé par l'importance du port. Les multiples bombardements sur la ville du Havre poussent les autorités à évacuer la population, et Madame Poisson accompagnée de ses enfants trouvent refuge à Saint-Piat en 1943. Robert Poisson reste au Havre jusqu'en février 1944, puis rejoint sa famille établie dans notre commune.

M. et Mme Vauvillier

Raymond Vauvillier

(1901-1944)

 

Après avoir été inhumé au cimetière de Saint-Piat les ossements de Robert Poisson furent relevés le 22 juin 1949 pour être inhumés au cimetière militaire du Havre.

 

Quelques heures après la mort de Robert Poisson : Raymond Vauvillier, (qui est le boucher de Saint-Piat depuis 1942) et Albert Lehoux (qui venait du moulin de Soulaires à vélo pour voir sa famille à Grogneul) sont tués à l’entrée de Dionval. Un soldat allemand qui voulait se rendre trouve également la mort. Il y a eu aussi un blessé saint-piatais.

Il y a un mystère sur la mort de Raymond Vauvillier, il aurait reçu une balle dans le dos mais par qui ? A-t-il joué sur deux tableaux : bienveillance avec l’occupant tout en étant résistant ?

Il serait mort dans « la sente de la plage » ou des allemands était là pour se rafraîchir, entre le gué de Dionval et la passerelle. Cette sente qui n’existe plus aujourd’hui.

Sa femme Yvonne Galle Vauvillier a joué un rôle dans la résistance

Des obsèques furent célébrées quelques jours plus tard au milieu d’une foule émue. Raymond Vauvillier Lieutenant FFI, à titre posthume, fut inhumé au cimetière de Chartainvilliers, sa pierre tombale est gravée de la croix de Lorraine, emblème de la Résistance et de l’Espérance.

 

Place Vauvillier

Raymond Vauvillier est né à Cormeilles dans le Val d’Oise le 15 Octobre 1901, son père Jules, installé à Villemomble, était mandataire à la criée de la Villette. Il s’installa à Saint-Piat, rue de la République comme artisan boucher. Il y épousa Yvonne Galle le 8 Novembre 1943. Mme Vauvillier est née à Paris dans le 14ème  arrondissement, le 13 Octobre 1909, et ses parents étaient domiciliés à Chartainvilliers. Mr et Mme Raymond Vauvillier, animés d’un fort sentiment patriotique s’engagèrent très rapidement dans la Résistance.

 

 

 

 

En été 1944

Une grosse division de SS avec un insigne à tête de mort (près d’une centaine d’hommes) venait de Chartres  se s’est arrêtée dans la prairie des martels.

Saint-Piat a été un lieu de passage pour les allemands qui se repliaient pour se rendre à Gas, un lieu de rendez vous. Certains venaient de Chartres passaient à Dionval. D’autres venaient de Chartainvilliers certains allemands se sont rendus au maire de Chartainvilliers pour se faire prisonniers aux américains qui n’étaient pas très loin. Des mauvaises actions se sont produites avant l’arrivée des américains.

Les soldats y ont passé la nuit et le lendemain, ils ont  prit la rue  des martels et traversé Saint-Piat en chantant pour rejoindre la gare en direction de Gas, lieu de rendez vous. La résistance de Saint-Piat n’est pas intervenue face à l’importance de cette division. La division américaine n’était pas très loin.

 

 

 

 

Rue de la Libération

La libération

 

C’est par la route de Chartainvilliers qu’est arrivée le 17 Août 1944 la 7ème  division blindée américaine du Général Silvester. Saint-Piat fut libérée.

La deuxième division blindée traversa notre canton de Maintenon le 23 Août, précédant le Général de Gaulle, qui visita Chartres et Maintenon le même jour.

Les américains sont restés un peu de temps à Chartainvilliers, ils y avaient leur intendance. Il s’est installé un petit marché noir de diverses marchandises entre les américains et les saint-piatais, des dizaines de jerricans vides ont été retrouvés à la marnière à Coco, marnière qui est située sur le coteau Est de la vallée.

Le 25 Août 1944, Paris était libérée.

 

 

L’après guerre

 

 

 

 

 

A Saint-Piat, il n'y a pas eu de prisonniers de guerre allemands mais au Moulin de Chartainvilliers environ 4 soldats prisonniers y ont travaillé pendant des années, avec une restriction de liberté. Ils ont été bien traités par le patron Orsini des Ets Florimond Desprez entreprise de semences agricoles.

L’histoire de Saint-Piat entre 1940 et 1944 est incomplète, tirée de témoignages et de publications de récits dans les bulletins communaux, « Trait d’union »,  on a quelques événements marquants montrant le climat de cette période. Il y a peut être certaines erreurs mais la mémoire des témoins peut avoir quelques lacunes ; ils étaient très jeunes à l’époque.

L'association les amis d’Illschwang a été crée en 1986. Elle regroupe des sympathisants, de sportifs, de bénévoles, ayant un lien affectif avec le village d’Illschwang en Bavière.

 

Les amis d’Illschwang

Depuis les villes et communes de France ont retrouvé la paix. De nombreuses associations amicales de jumelage entre la France et l’Allemagne et d’autres nations se sont construites pour des échanges divers ; puis  la construction de l’Union Européenne a permis aujourd’hui d’avoir des bonnes relations entre tous les états membres.

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