L’histoire de Saint-Piat

 
En complément du bourg, le village de Saint-Piat possède deux hameaux : Grogneul, sur le coteau ouest et Changé au nord dans la Vallée de l’Eure.
Anciennement, s’y ajoutaient deux autres hameaux : Dionval au sud et Le Marais à l’est.

Le nom du village

La commune de Saint-Piat doit son nom au martyr Sanctus Piatus qui vécut au 3e ou 4e siècle de notre ère. Il évangélisa la région de Chartres puis se rendit à Tournai où il convertit de nombreux païens. Il fut martyrisé avec plusieurs de ses disciples, décapité. La légende dit qu’il fait partie des saints « céphalophores » : un coup d’épée lui coupa le haut du crâne.

Il faut attendre la fin du 11e siècle – 1087– pour voir mentionné dans des chartes le nom de l’église de Saint-Piat (Sanctus Piatus).

Avant le XVIème siècle

On dispose de peu d’informations sur l’histoire de Saint-Piat au Moyen-Age et à la Renaissance. L’histoire de l’église, du château de Grogneul et du moulin de Saint-Piat nous renseigne ponctuellement sur quelques événements sans pour autant donner un aperçu continu sur ces périodes. La recherche documentaire se poursuit actuellement pour progresser dans la connaissance de ces époques.

Au XVIème siècle et XVIIème siècle

Saint-Piat comptait de nombreux notables : un notaire, un huissier, deux maîtres chirurgiens (titre de cette époque) ….(Archives bailliages :1684-1685 — Procès à la requête de Jean Trassard , chirurgien à Saint-Piat , contre….) (1671-1683. — Procès-verbal d’évasion de Jean Picquet, des prisons de Saint-Piat).
 Des juristes étaient sans doute également domiciliés à Saint-Piat. On peut lire sur la poutre au-dessus du porche de la boulangerie les lettres TR. Cette inscription a pu signifier « Tribunal Républicain » mais représentait plus probablement les premières lettres d’un patronyme.
Ce n’est qu’au XIXème siècle que la maison fut transformée en boulangerie. Au premier étage, on remarque deux fenêtres à meneaux, joliment décorées, dont l’une reste entière, tandis que l’autre a vu une moitié supprimée.

Le clergé était également présent à Saint-Piat. Des clercs et des laïcs géraient les biens et les revenus de l’Eglise qui étaient importants : le presbytère avec son jardin et sa cave voûtée situés rue Bourgeoise (rue de la République aujourd’hui), ainsi que des vignes et des prés.

L’ancien presbytère se compose aujourd’hui d’une salle polyvalente et de deux appartements.

Au XVIIIème siècle

Avant la Révolution, le village s’appelait Saint-Piat sur Eure.  Il changea en Martel les Vaux  pendant la période révolutionnaire. Le village était plus important que Maintenon (selon les procès-verbaux des assemblées de la paroisse de Saint-Piat de 1790 qui fournissaient la liste des habitants et leurs professions).
On comptait à cette époque 235 maisons dont 200 environ étaient habitées. Les villageois de 12 ans et plus étaient 455 à Saint-Piat et 102 à Grogneul.

Moulin de l’Orme Halé

Un meunier du nom de Massot demeurant au moulin de l’Orme Halé fut élu maire. Le moulin de Saint-Piat était déjà présent et celui de Dionval n’existait pas encore. (Archives bailliages : 1764-1767. — Information au sujet de l’incendie de la grange du moulin de l’Orme-Halé)
Le village comptait également 3 marchands de farines, 1 boucher, 1 épicier, 1 sabotier, 1 maître tonnelier et 90 vignerons pour seulement 8 cultivateurs, 4 charrons, 1 maréchal ferrant, 2 tisserands, 2 tailleurs et 2 couturiers, un officier de santé, une institutrice, un chirurgien (titre de cette époque) et un percepteur.

Ancien négociant en vin, cidre et liqueur en tonneaux, rue au Chard.

La commune était surtout agricole, composée de petites propriétés. Chaque famille cultivait une vigne, un pré, un lopin de terre pour le froment (blé tendre) et l’avoine qui se plaçaient en tête des céréales. La plupart d’entre elles avait une vache pour le lait. Sur les coteaux on plantait la vigne qui jadis donnait un petit vin très estimé.

L’ ancienne gendarmerie devenue ferme rue de la République

Au début du XIXème

Saint-Piat était encore le siège de la perception dont dépendaient les villages de Chartainvilliers, Bouglainval, Mévoisins, Soulaires. La perception disparut en 1839.
Il existait une gendarmerie dont l’un des bâtiments était une prison, rue de la République, côté rue des Martels. Elle fut transformée en ferme et aujourd’hui, elle est devenue habitation. (Archives bailliages : 1671-1683. Procès-verbal d’évasion de Jean Picquet , des prisons de Saint-Piat)

Vers le milieu du XIXème siècle jusqu’au début du XXème siècle

Saint-Piat a été tenu à l’écart des avancées industrielles et urbaines. Tour à tour, les équipements publics ont fermé : perception, étude de notaire, gendarmerie…
L’activité viticole a été détruite en partie par le phylloxera de 1863 et principalement par l’arrivée du chemin de fer Paris-Chartres, inauguré en 1849. Le train mettait à portée de nos villages les vins des grandes régions viticoles, probablement meilleurs que la production locale.
Seuls certains moulins ont profité de la mutation industrielle pour se moderniser.

Au XX ème siècle

1940 à 1944 : Seconde guerre mondiale.
Saint-Piat a souffert des méfaits de la guerre lors de l’arrivée des allemands; les combats sur le plateau situé entre Chartainvillier et Saint-Piat ont été particulièrement meurtriers. En parallèle une partie des habitants du village a fui pensant l’exode. La Résistance, très  active,  est à l’origine d’attentats sur la ligne de chemin de fer. La Libération fera des victimes parmi les habitants. Des rues et places portent leurs noms (voir la page consacrée à cette période).
En Mai 1945, Pierre Binet est élu maire. Pendant 32 ans il a engagé la reconstruction et la remise en état des maisons et des bâtiments que la guerre avait endommagés.
Il a entraîné une reprise d’activité avec de nombreuses structures d’aménagement. Il fit construire une trentaine de logements de 1954 à 1976, ce qui  permit à des jeunes ménages de s’installer dans la commune. (1953 : achat terrain pour la construction de 8 HLM ; 1962 : achat terrain pour la construction de 12 HLM ; 1970 : travaux des bâtiments communaux).  La population commença à augmenter.
Les maires qui lui ont succédé ont poursuivi en continuant les aménagements pour les nouveaux arrivants. Ils ont accordé de nombreux permis de construire de Changé à Dionval, et créé une zone artisanale.

Vous trouverez plus d’informations dans les brochures :

-n°5 “Histoire de la rue de la République et de la Place Vauvilliers”

-n°8 “Eglise de Saint-Piat”

-n°14 “Saint-Piat au XIXe siècle”